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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 19:10
Colifilms Diffusion


Ryan Gosling. Colifilms Diffusion


Colifilms Diffusion


Ryan Gosling et Anthony Mackie. Colifilms Diffusion

HI §§§

Une fois de plus l'acteur RYAN GOSLING aura frappé.
 
Comme je l'ai immédiatement perçu dans "STAY" l'été dernier, il a ce visage, cette voix ( en v.o. bien sûr), cette "aura", ce jeu, qui font de lui, selon ma perception, un être qui sait transpirer, avec subtilité, la sensibilité et la souffrance
 

Il était donc bien doté pour incarner DANN DUNNE, ce jeune prof d'Histoire blanc immergé dans un milieu d'élèves essentiellement black and co, à Brooklyn,
 
 dont l'idéal (aider ces jeunes en difficultés à évoluer, changer, ce qu'il réussira pour une certaine PAULA DICKENS, qui suivra sa voie, et pour DREY, c'est ma certitude)
 
 constitue l'ultime rempart contre la totale déchéance, et l'ultime abîme qui s'ouvre sous les pieds de celui, qui comme lui se défonce, tant sûrement, leur sensibilité est exacerbée.

Issue d'une famille de classe moyenne, il dénote de son clan, par son célibat, certainement davantage subi, qu'il n'est souhaité. Il a du mal à communiquer, à dire qui il est au fond, ce qu'il ressent, ses angoisses, sa faiblesse. Il se ment à lui même (il dit maitriser ses prises de came: "I can handle it") et aux autres à fortiori.
 
Sachant que ces autres avec qui il communique, ne sont pas sur la même longueur d'ondes, le courant ne passe pas, ou pas de façon constructive.
Il y a incompréhension, non communication. C'en est tragiquement émouvant.

RACHEL son ex., aurait pu être la femme de sa vie, d'ailleurs la tendresse entre eux est encore évidente, lorsqu'enfin il accepte de la revoir, après leur distanciation, une cure de désintox' ayant fonctionné pour elle et pas pour lui. Il l'avait présentée à sa famille, et il est extrêmement troublé lorsqu'elle le rappelle, lorsqu'elle vient le voir sans prévenir sur son lieu de travail: il ira de fait, se "déchirer" après qu'elle soit partie, ayant refusé d'aller boire un café avec elle.

Colifilms Diffusion

C'est alors qu'il sera vu dans toute sa VULNERABILITE par DREY l'une de ses jeunes élèves de 13ans. Elle l'aidera telle une infirmière bienveillante à se remettre, avant qu'il ne la raccompagne pour la première fois d'une longue série, qui entrouvrira leur relation plus qu'ambigüe.
 
 
 
En effet DREY semble amoureuse de son prof. Elle demande à ses camarades s'ils pensent qu'il est marié. Elle se maquille et se fait belle devant son miroir après avoir compris que son prof' a une vie avec l'autre sexe, puisqu'il lui révéla attendre une femme en soirée, pour laquelle il cuisinait des pâtes (bolognaises ?), qu'ils n'eurent guère le loisir de savourer jusqu'à la fin, d'autres délices plus charnels les ayant attirés l'un vers l'autre, bien qu'ils ne se connaissent pas tant que cela.

Et surtout, que DANN ne sache pas comment accepter la présence d'un autre à ses côtés, ne sachant pas dévoiler son intimité profonde et dépasser l'aspect purement sexuel de sa relation avec sa collègue, qu'il ejecta quasiment presque de chez lui au petit matin de leurs ébats.

Quelle tristesse !!!

Colifilms Diffusion

Il ne put lui dire son attachement, qu'à 2h30 du mat' raide "fonce-dé", manquant presque de la violer, par besoin d'affection et de fusionner afin d' éloigner la douleur. Quel gâchis !!!
Sachant que cette jeune femme eut peut-être pu également, faire preuve de davantage de compassion pour cet être perdu et meurtri.

Elle semble ne pas être ce genre de bon Samaritain. Elle l'aurait même bien plutôt dénoncé à leur supérieure, qui convoqua DANN pour lui demander s'il y avait des choses qu'elle était censée savoir...

Et c'est bien ce qui est terriblement dômmage dans cette histoire: DREY a la profondeur et la justesse d'être, qui conviendraient parfaitement à DUNNE, mais elle n'a que 13ans, alors que les femmes qu'il ramène chez lui, ou croise en soirées, ne le captent pas trois secondes.
 
Ils se limiteront donc à l'aspect purement physique.
(Que de tristesse dans ce besoin de partage avorté lorsqu'il emmène chez lui une jeune femme "levée" dans son bar-boite favori, à qui il parle d'actualité et sujets politisés en pleine verve "came-stimulée", sans que celle-ci ne semble pouvoir relever, donc partager.
Très belle image néanmoins de sa verte bretelle sur bras tombée, associée aux élastics que DUNNE arbore à son poignet, en fin de scène...)

Shareeka Epps. Colifilms Diffusion

Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

Ce film m'est apparu au premier visionnage, un peu lent et ennuyeux par moments.
Beaucoup plus sensible et poignant à la deuxième séance.

SHAREEKA EPPS qui joue DREY est une très belle jeune femme. Elle a un visage magnifique. Une sorte de  profonde pénétrance du regard, une compréhension immédiate des choses, avec en même temps cette impression de "cogitation" intensive, associée à une forme de non jugement et quasi pudeur à l'égard de DUNNE.
 
 
 Elle est pour moi, de toutes les femmes du film, celle qui lui correspond le plus, avec qui il a la chance de pouvoir se poser, arrêter de flipper et parler vrai, soit GUERIR.

Shareeka Epps. Colifilms Diffusion

En effet, la propre mère de DUNNE, magnifique actrice, sait jeter ses beaux et profonds yeux bleus dans ceux de son fils et lui demander s'il est heureux, lui recommander même de revoir son ex, qui semble aller mieux, en faisant néanmoins un effort de présentation (!!!), mais n'entend-elle pas son fils qui l'interpelle après lui avoir menti sur son bien-être ? Ne veut-elle donc pas voir ???

(C'est marrant parceque la chanson numéro 3 de la bande son, très sensible de ce film, s'intitule "Can't you see" et c'est l'un des morceaux que l'on entend lors du repas familial.)
 
Bande son sur le site officiel du film: www.halfnelsonthefilm.com. (HELAS PLUS ACCESSIBLE !!!!)

J'adore le morceau : "Shampoo suicide" qui marque pour ma perception un tournant du film: la transaction entre DUNNE et DREY dans la chambre d'hotel "orgiatique",
la numéro 5: "Dada da da", la 7 "Stars and songs" : voix basse trippante et sonorité genre "joy divison", et la 9: "Wanted" qui est, je crois, le morceau qu'écoute FRANCK le dealer, lorsqu'il croise DREY et DUNNE en voiture, alors que cette dernière dit avoir perdu sa clef, et qu'après une tentative de distanciation DUNNE la ré-invite à monter dans sa caisse, lorsqu'il aperçoit au loin arrivant, le 4/4 de FRANCK. Alors que ce dernier repart, DUNNE lui ayant nettement fait savoir qu'il "gérait" la situation et qu'il pouvait passer sa route...

C'est marrant également, il y a un rapport de force (un Half Nelson ?) entre ces deux hommes, qui tentent de "récupérer" DREY, mais pour des raisons différentes. FRANCK en tant que dealer, qui a fait bosser le frère de DREY et qui a toujours besoin de "boucliers" à envoyer faire ses livraisons de dope. Je ne crois pas qu'il se sente redevable du fait que MIKE, le frangin, ait été attrapé, et que sa thune bien que "sale" serve à leur mère célibataire, complètement débordée par son taff pour à peine, on suppose, joindre les deux bouts, acceptant du coup l'argent de FRANCK, que lui ramène DREY la première fois que cette dernière pénètre chez lui.

Quant à DUNNE, est-ce de la reconnaissance au départ, la peur d'être balancé, ou le besoin de se battre pour une cause valable, et donc se tenir la tête hors de l'eau, qui petit à petit le conduit plus précisemment et personnellement à essayer de faire bouclier et rempart contre FRANCK face à DREY ? Et peut-être aussi finallement un attachement, lié au fait que cette gamine de 13ans est dans la quasi "juste attitude" avec lui, sait poser sur lui et sa vie, un regard attentionné, pudique, empreint finallement d'Amour, celui dont il a tant besoin ?

Shareeka Epps et Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

IL y a pour moi une évolution des deux situations dans un sens dangereux.
DREY est happée lentement mais sûrement, par la toile de FRANCK. Elle lui parle, entre chez lui, accepte son argent contre rien, se fait inviter à manger et proposer de taffer, roule ou prépare des commandes, puis... LIVRE finallement une première fois, récupérant sa part du deal, puis cette deuxième fois, que je pense être la fois de trop, la dernière, lorsque FRANCK l'envoie, en toutes connaissance de cause, je crois, livrer DUNNE, dans cette chambre d'hôtel où une grosse partouze se profile agrémentée d'alcool et drogue pour tripper comme il se doit...

Là DUNNE franchit un cap dans la "déchéance", sans jugement aucun, mais disons que c'est davantage un être qui recherche de l'Amour, de l'attention, de la compréhension, de l'aide, plutôt qu'un plan cul même"fun" comme il dit à sa collègue prof, au sujet de leur prestations sexuelles.
Son orgie, une fois terminée le laissera à nouveau seul, livré à ses démons, voire même à un sentiment de vacuité et nullité indicible, qui ne l'aidera en rien, bien au contraire.

Là, DREY et le scénar, franchissent un cap: Elle file de la "SHIT" à quelqun qu'elle aime pour qu'il se déchire davantage qu'il ne l'est, ce qui ne doit certainement pas être son souhait le concernant.
DUNNE constate lui, qu'il a failli dans son objectif, qui consistait à l'éloigner de FRANCK, puisque c'est elle qui vient le livrer pour lui. (Je pense qu'il a appellé FRANCK de chez ses parents, tellement l'ambiance y était difficile pour lui, afin de se défoncer le soir même pour oublier le MALAISE: son frère a une nana qui l'aime, bien qu'il ne le considère peut-être guère comme "meilleur" qu'il ne l'est, son père lui prend la tête avec son choix de bosser avec des minorités ethniques, qu'il n'aime d'ailleurs peut-être guère, et sa mère ne l'écoute pas comme il le souhaiterait, ne peut entendre (ne veut) sa vraie douleur de vivre, bien qu'elle en emprunte les semblants.)

INCOMPREHENSION, NON COMMUNICATION... CONDAMNATION !!!

Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

De l'appel de RACHEl, à sa visite impromptue au match de basket, à l'annonce de ses fiançailles avec un mec de son programme de désintox', à la mort de son chat, à son face à face avec FRANCK lorsqu'il décide de faire preuve de davantage d'agressivité envers lui, lui demandant de se tenir à l'écart de DREY: moment fatidique car FRANCK sait qu'en camé, et lui dealer, il peut le "tenir par les couilles", il a dû le désarçonner, en le faisant entrer aussi chez lui, et lui filant gratos de la dope, sachant qu'il ferait appel à lui d'autant plus pour la suite,
 
 DUNNE s'enfonce à chaque fois un peu plus dans sa "MERDE".

Il n'est pas assez fort pour résister à toutes ces agressions de sa trop grande SENSIBILITE, et il n'était pas de taille à affronter en face son plus grand danger, sa plus grande faille: ... La dope !

Anthony Mackie et Ryan Gosling. Colifilms Diffusion

Triste de constater que souvent, parcequ'ils connaissent intimement la souffrance, les êtres tels que DUNNE, souhaitent malgré leur grande faiblesse AIDER ardemment ceux qui souffrent (presque risible lorsqu'il demande à DREY si elle va bien, dans les toilettes où elle le trouve complètement défait, et s'arrête pour lui apporter de l'aide). Et que malgré cette extrême bonne volonté réellement motivée par l'expérience personnelle, ils ne le peuvent pas !!

Bien que comme je le pense, FRANCK, ait voulu montrer à DREY, que son prof' tant aimé, n'était qu'une minable chose, en l'envoyant lui fourger sa poussière d'ange, et qu'il ait aussi probablement par là, voulu démontrer à DUNNE à quel point il était inférieur et pitoyable, à quel point, bien que blanc, se sentant d'après FRANCK supérieur, il n'était rien, puisque celle là même qu'il prétendait protéger, devenait sa dealeuse, celle qu'il devra payer pour déchoir un peu plus, DREY, noire de surcroît, qui ne réagira pas comme FRANCK l'attendait peut-être.

Car cet épisode de transaction à l'hôtel, entre elle et DUNNE (Magnifiquement mis en relief par le morceau "Shampoo suicide" de la bande son de BROKEN SOCIAL SCENE), marque l'affaissement de son prof' préféré, celui ci ne rentrant guère chez lui et n'assurant pas son cours suivant, avivant l'inquiétude de DREY, au lieu d'un quelconque sentiment de supériorité ou revanche.

Elle enverra paître FRANCK, pour aller sur les "lieux du crime" à cet hôtel décadant, où elle insista, et trouva DUNNE, l'incitant à rentrer (dans l'ordre ?), et l'accompagnant dans ce sens.

La dernière scène s'interprète pour moi POSITIVEMENT: DUNNE se rase, se lave et change de coupe, c'est l'amorce de ce changement pour lui, auquel il résistait tant (son propos à RACHEL au parc ). Bien qu'il ait essayé de fuir DREY à plusieurs reprises (ne serait ce que celle où elle vient vers sa voiture, lui demander comment il va et qu'il lui dit carrément qu'il est son prof' pas son copain, en gros : "casse-toi et laisse moi seul, c'est ce que je veux", sans oublier les autres, moins manifestes), elle ne lâchera pas l'affaire comme d'autres (RACHEL et sa collègue prof', ne serait ce).
Petit apparté, je soupçonne DREY d'avoir attendu que RACHEL parte après le match de basket, et d'avoir suivi son prof', raison pour laquelle elle se retrouve aux toilettes si longtemps après la fin du match et du dialogue entre DUNNE et RACHEL à son issue. Je la soupçonne aussi d'avoir feint d'avoir perdu sa clef, pour pénétrer davantage l'univers de son prof 'préféré.

D'ailleurs pour moi, il finit par céder à cette sorte d'acharnement dans l'Amour, même si entre eux, du fait de leur âges et statuts, il ne peut y avoir, à priori, que de l'amitié (Quoique... L'interrogation reste ouverte dans l'absolu...). En effet lors de cette dernière scène, il tente selon moi de s'attacher DREY, puisqu'il suit son propre conseil, qui consistait à faire rire les femmes, ce qui selon elle, lors de sa première venue chez lui, constituait un bon point pour les séduire, et qui plus est, il le fait par cette blague que son frère fit à sa petite amie, qui lui dit l'aimer: "La vache interruptrice..."
Cela est pour moi symbolique.

Ce film est selon ma perception, malgré son image floutée, la tristesse (les mères célibataires, qui se tuent au boulot pendant que leurs enfants livrés à eux-mêmes, constituent une proie de choix pour les vautours divers alentours, la solitude affective, l'incapacité de communiquer vraiment et de fait de s'épanouir, l'appart' de DUNNE, triste et flêtri à mourrir ), le minable qui y transpirent,
un très beau film sensible, touchant et émouvant, car il démontre comment l'Amour, le désir persistant et patient d'être dans l'existence d'une personne, peut magnifier cette dernière et l'arracher à ses sombres ornières §§§


Sans compter, bien que je ne m'y sois guère trop attachée, qu'il y a sûrement un rappel ou une volonté de prise de conscience, liée aux sujets historiques noirs et blancs commentés par quelques "kids" du cours de DUNNE (bonnes bouilles pour certains), tout comme son discours, dont j'ai surtout noté la référence au YIN et YANG oriental, ramené au mélange de force et faiblesse de tout être humain, et de fait à une forme d'imperfection ("i'm just a man, what do i do" ?)

Intéressant, sans doute, aussi d'analyser 3 secondes, le collègue prof 'de DUNNE, qui passe son temps en salle des prof's, à lire à ses collègues des morceaux choisis de l'actualité via son journal. Sa voix, son physique même, me font penser au man in black, Mr Smith dans MATRIX number 1 notamment.
Y aurait-il des choses à dire au sujet des lunettes à la "TORRENTE" de DUNNE ?

Je souhaite vraiment que SHAREEKA EPPS puisse d'actrice non pro', découverte crois-je dans les quartiers, et qui n'avait alors que 15 ans, me semble-t-il, avoir un sérieux pied à l'étrier d'une future carrière cinématographique. Elle a un physique intéressant, un visage merveilleusement expressif et une sorte de "maitrise" qu'il lui serait dômmage de ne guère exploiter. Sans compter qu'elle me rappelle des personnes proches, et m'est par là, particulièrement sympathique §§§

En tous les cas, il est clair qu'elle contribue grandement, ainsi que GOSLING évidemment, au charme humain, sensible et subtil de cette réalisation intéressante de deux inconnus jusqu'alors pour moi, qu'il sera tout aussi intéressant de suivre à l'avenir (RYAN FLECK et ANNA BODEN: Grand merci à eux pour ces deux heures d'émotions)



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Published by Clothilde-Mathilde - dans Ryan Gosling
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