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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 12:18

Ce blog et ses articles ne prennent pas en compte les spoilers qui protègent du dévoilement intempestif et malvenu d'éléments clefs du film, de ce fait, si vous ne l'avez guère encore vu: ne lisez pas cet article !

Pio Marmai. StudioCanal

Jacques Gamblin et Zabou Breitman. StudioCanal

Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Marc-André Grondin, Déborah François et Pio Marmai. StudioCanal

Pio Marmai et Marc-André Grondin. StudioCanal

Zabou Breitman et Jacques Gamblin. StudioCanal

Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Marc-André Grondin, Déborah François et Pio Marmai. StudioCanal

MAGNIFIQUE ****

 

Le thème du temps qui passe, des liens du sang au sein d'une famille, de l'Amour, de la Mort...

Des thèmes universels et intemporels §

 

Ce film m'est apparu fort sensible et juste. Guère uniquement perclu de bons sentiments, des ressentis y pointent la face, des règlements de comptes, assez délicats néanmoins, contrairement au film de Ronit Elkabetz : "Les septs jours" ou "Deux jours à tuer de Becker" avec Albert Dupontel, pour citer deux films récents que j'associe à celui-ci, pour les thèmes notamment ***

 

J'en suis sortie en larmes séchées, transfigurée ***

 

Sachant que le décès des deux pères du film font cruellement écho chez moi, à la récente perte de mon père, je suis de fait d'autant plus réceptive et sensibilisée à ce genre de sujet, que toute autre personne ne le sera ***

 

5 dates du passé au plus proche présent, qui ont scandé la vie d'une famille de trois enfants et deux parents, sans omettre le père du père, joué par un acteur aux cheveux blancs fort touchant: Roger DUMAS ***

 

La première semble t-il me souvenir vers 1988, consiste en l'évènement de l'euthanasie du vieux chien de famille, assumé par l'aîné des enfants Albert (Pio Marmai: très beau brun dans le genre grec ou romain, intense...) ***

 

La seconde, celui de l'anniversaire et des seize ans  de Fleur, la seule et dernière fille de cette fratrie. Date qui coïncide pour elle avec le choix décisif et fondamental de passer le cap du franchissement de la ligne de démarcation entre le statut de femme et celui d'enfant (bien imagé par l'utilisation des deux personnes aux deux âges concernés, la plus grande disant aurevoir à l'autre, une flaque avançante de sang, transparaissant ensuite sous la porte de cette chambre funeste où la virginité fut envolée...)

 

Touchante date, car tous les membres de cette famille oublièrent d'abord de fêter comme il se doit, le bon anniversaire à la jeune femme concernée, qui recherche auprès d'abord de ses deux parents, la petite phrase tant attendue, en forme de reconnaissance...

Ensuite, cette douce et très belle jeune femme (Déborah François: superbe minois !) va découvrir la goujaterie masculine, consistant en l'indifférence absolue une fois l'acte escompté consommé !

 

Très beau, cette intervention du grand frère Albert auprès de l'immonde Sacha, remettant les pendules à l'heure.... Scène visible isur allôciné en bande-annonce ***

 

La troisième, si ma mémoire est bonne, consiste en la première scène de Raphaël, le fils second, d'un café-concert où il se produit devant son père, grand mentor, avec le manteau léopard de sa mère, emprunté sans le consentement de cette dernière.

Ce beau jeune homme (Marc-André GRONDIN, yeux verts au regard particulièrement trouble, nez si fin et menton fossété si allongé...) rencontra aussi la jeune rockeuse brune qui fit flasher son coeur...

 

Par contre j'ai oublié la 4ème date, pensant que la dernière consiste en l'anniversaire du père (Jacques GAMBLIN, homme d'une beauté exquise, magnifique et magnifié, par son teint bruné, ses yeux souriants et ses tempes engrisonnées...).

La phrase phare du film par lui y fut lancée: "C'est important une famille. Vous voir grandir tous les trois  est le plus beau spectacle auquel j'ai assisté dans toute ma vie. Avoir des enfants c'est une force magnifique."

 

Cette date coïncide aussi avec celle de son information donnée d'une fin proche annoncée, liée à d'importants problèmes de dos de ce père et mari, chauffeur de taxi.

Sa disparition finale, est émouvante, notamment du fait de la douleur bien exprimée par Zabou BREITMAN, sa femme dans le film, Marie-Jeanne.

Les trois enfants semblent eux davantage réservés dans l'expression de cette douleur indissociablement liée à la perte de celui qui a 50% a contribué à façonner votre vie ***

 

Mais suivre cette saga familiale, et notamment à ce moment là, m'a vraiment donné envie de donner un ou des frères et soeurs, à mon fils unique, car être quatre à affronter la mort d'un sien est une force.

 

Ses liens familiaux sont beaux.

Ses souvenirs qui reviennent à Raphaël, lorsqu'il pénètre en la chambre d'Albert qui vient d'emménager chez lui et a quitté le nid familial, est le premier moment m'ayant émue aux larmes. Ses moments de jeux et de jeunesse partagés avec son frère, sa soeur, des amis, est vraiment un retour sur le temps fort émouvant.

On ne peut s'empêcher du coup, d'évoquer ses propres souvenirs d'enfance, associés à sa propre éventuelle fratrie, tous ces beaux et bons moments, qui ont filé avec le temps...

 

La famille d'où l'on vient..

Et celle que l'on va créer: Déborah à la fin apprend manifestement par un test, sa grossesse, et son père ainsi va se perpétuer, bien qu'il soit déja décédé...

L'éternité par les enfants est ainsi touché ***

 

Touchant fut aussi pour moi ce moment où Robert (Jacques GAMBLIN) à la mort de son père Pierre, découvre dans son porte-feuille des photos de lui enfant, alors qu'il n'en avait jamais vu exposées chez son père de son vivant. Et le lui avait reproché, pétant un câble lors d'un diner, durant lequel ce dernier l'avait comme souvent semble t-il vertement rabaissé.

 

Son père l'aimait finallement, et pour lui il comptait tant...

Ce moment également, où ce grand-père confie à son petit-fils Raphaël, le manque lié à la perte de sa chère et tendre aimée, sa grand-mère.

 

Tous ces échanges de confidences, de moments reliés à son propre passé, cette transmission, est quelquechose de bouleversant...

 

 

Construire, investir en des êtres, une femme, un homme, des enfants, constitue sûrement un des plus nobles et importants fondements de notre existence et de notre société, qui tend hélas cependant à s'éloigner fondamentalement de ce modèle.

 

En effet, de nos jours les relations affectives se résument souvent soit, comme l'exprime cruellement Fleur, lorsque sa mère découvre avec émotions son journal intime (l'i.v.g. notamment, bien rendu par l'apparition en la chambre de la fille face à sa maman...) en des coucheries "one shot" ou de brèves histoires où le stade de l'état amoureux ne cède guère la place à celui du choix volontaire d'Amour.

 

Comment construire dès lors ? Combien d'enfants élevés par un seul de leurs parents et privés du cocon rassurant rendu brillament par ce sensible film, du foyer uni dans sa complétude ?

Que deviendra notre humanité, constituée de plus en plus de membres déracinés, et peut-être déséquilibrés ?

Rendez-vous dans des années pour le constater...

 

 

 

La musique de ce film joue toujours pour moi, un rôle primordial dans l'apparition forte d'émotions.

Ce très beau morceau d'Etienne Daho, qui donne à ce film son titre, le premier jour du reste de ta vie, dispose d'une mélodie qui sait toucher l'âme en l'élevant haut et de paroles signifiantes.

 

Celui qui accompagne la mort et jeté de cendres de Robert aussi: "It's a perfect day" de Lou Reed, me semble t-il...

 

Merci aux artistes, de tous poils de nous élever au dessus de nos conditions bassement humaines, de nous permettre de transcender le quotidien dans toute sa mécanique de banalité...

 

Merci à eux de nous donner à réfléchir et évoluer, c'est à espérer, un peu... 

 



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Published by Clothilde-Mathilde - dans films
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commentaires

Clothilde-Mathilde 03/08/2008 05:36

Ah oui ?Bonjour Dasola ***

Je n'ai guère encore vu son film précédent...
Je ne manquerai pas de le comparer tout comme toi à son dernier bébé ***

Comparer est naturel, ceci étant apprécier une oeuvre pour elle même, par elle même, me semble tout aussi important §§§

Très joli moment emprunt d'émotions trop humaines, qui riment à l'éclosion d'un bonheur extrême...

Plein de belles et bonnes choses à toi, tes aimés et toute l'humanité ***

dasola 01/08/2008 17:39

Bonjour, très belle critique de ce film que j'ai trouvé un peu long en ce qui me concerne. J'avais beaucoup aimé "Ma vie en l'air" (qui n'a pas bien marché et c'est bien dommage) et je l'avais préféré à celui-ci. J'avais trouvé plus original dans le scénario et le ton.. Le dernier jour... est un film ambitieux qui bénéficie de bons comédiens mais qui manque aussi d'humour à part deux répliques drôles. En tout cas, c'est très sympathique de la part de R. Bezançon de vous avoir "posté" un gentil commentaire. Bonne fin d'après-midi.

Clothilde-Mathilde 24/07/2008 23:51

De rien ***Bonsoir ***

Etonnée puis en fait pourquoi, non !
Que le réalisateur d'une oeuvre visionnée et analysée, puisse sur mon propos s'exprimer §§§

J'ai de toutes les façons vraiment été touchée par ce film***
Dès sa bande-annonce, avant la découverte du film de Ronit Elkabetz, "Les sept jours", puis hier matin dans cette grande et belle salle de l'ugc ciné cité des Halles.
Je souhaitais vivement venir assister au débat, mais erreur il y eut sur l'horaire...
Et j'ai moi aussi un enfant, que je me devais de récupérer dans ces eaux là, et personne de disponible pour à ma place le quérir...

J'ai failli venir ce soir à l'ugc de Créteil, mais j'étais en transports et fort chargée après une journée au travail.

Mais ne vous inquiétez pas, les oreilles que vous évoquez entendront parler de cette petite jouissive et transcendante perle là !

Bien à vous ***

Rémi Bezançon 24/07/2008 15:07

Merci...... à vous pour ce sublime texte qui me touche infiniment.
Parlez-en le plus possible autour de vous, même si le film démarre très bien, il a besoin de plein de bouches pour parler à plein d'oreilles ;-)
Bien à vous,
Rémi.

Clothilde-Mathilde 24/07/2008 08:36

MERCIMerci Palilia ***

Joli et singulier pseudo §

Tu n'avais donc guère vu encore ce film ? Je souhaite que tu aies, malgré cette sombre et première impression, la curiosité et forte envie d'aller constater de quelle manière Rémi Bezançon a pu traiter et dévoiler ce sensible sujet...

Oui, tout être humain en sera touché car forcément concerné...

MAGNIFIQUE ôde à la famille, à l'Amour, à la Vie ****

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